C’est quoi l’écobranding ?
L’écobranding est une approche stratégique de l’identité de marque qui intègre dès la conception des critères écologiques et durables dans la communication visuelle et le design. Les éléments graphiques (logos, couleurs, typographies, supports physiques ou numériques) sont repensés pour réduire l’impact environnemental tout en restant efficace et cohérent avec les valeurs de la marque. Cette démarche vise à limiter les ressources utilisées, renforcer la crédibilité et aligner l’image de marque avec des pratiques plus responsables et vertueuses.
Origine du concept
La démarche a été popularisée par Sylvain Boyer avec son projet Ecobranding, dans lequel les logos de McDonald’s, H&M, FedEx, Apple, Starbucks sont remaniés afin de réduire l’impact écologique via la consommation d’encre. Les formes et les rapports de plein et de vide sont repensés afin de préserver impact visuel et reconnaissance.
Une réduction moyenne de 20 % d’encre peut sembler marginale. Mais, pour des logos imprimés des milliards et des milliards de fois chaque année, l’ampleur est considérable et donne toute sa portée à la démarche.
Le savais-tu ?
Non, se contenter d’amincir le signe en le passant en traits de contour pour réduire la quantité d’encre n’est pas suffisant. Cette approche réductrice révèle une mauvaise compréhension des enjeux de design.
Les 3 piliers de l’écobranding
Contrairement au design durable qui s’intéresse à réduire l’impact environnemental des supports de communication, l’écobranding s’attaque aux fondations de l’identité de marque et à son expression visuelle. Chaque choix conceptuel et graphique (couleurs, typographies, mise en page…) a une influence directe sur l’empreinte écologique globale du projet.
Sylvain Boyer définit l’ecobranding autour de 3 piliers :
Performance visuelle
L’identité doit être efficace. Parfaitement lisible, singulière, reconnaissable et adaptable à tous les supports, formats ou les contraintes techniques.
Performance écologique
Chaque détails comptent pour réduire les ressources mobilisées et l’empreinte écologique du projet et ce sur tout son cycle de vie : formes, matériaux (encre, papier…), technique d’impression, format, type de fichiers, transfert, diffusion.
Performance économique
Une identité bien pensée permet de rationaliser les coûts sur toute la chaîne (conception, impression, diffusion) : moins de déclinaisons, de maintenance, de gâchis…
Mon pilier perso : la “cohérence éthique”
Ce pilier est selon moi essentiel à la démarche d’écobranding : refuser de masquer et d’embellir la réalité. L’identité doit s’ancrer dans la réalité des processus et adopter une narration factuelle : expliquer les choix, reconnaître les limites, documenter les progrès.
Ces quatre piliers rendent l’écobranding durable pour avancer avec une vision claire, sans dogmes ni solutions toutes faites.
Pourquoi l’écobranding s’impose comme une nécessité stratégique éthique et éco-consciente ?
Combattre la guerre de l’attention
Aujourd’hui, l’attention est devenue un enjeu majeur. Les notifications d’applications, les newsletters, les posts sur les réseaux sociaux et les publicités se succèdent à l’infini. Les marques publient sans cesse pour rester visibles dans le feed, mais cette surabondance de contenu finit par neutraliser tous les messages, rendant plus difficile la création de liens profonds avec une audience réellement engagée.
Lutter contre l’infobésité croissante
La solution : publier à un rythme toujours plus effréné, quitte à sacrifier la qualité pour tenir la cadence. Copier-coller la publication d’un concurrent, suivre une trend, créer du contenu sans valeur ajoutée. Une absurdité qui renforce l’infobésité croissante.
Face à cette guerre de l’attention, beaucoup optent pour la quantité plutôt que la qualité : publier plus souvent, recycler du contenu déjà vu, surfer sur des tendances, créer la curiosité sans réponse (article putaclic bonjouuur ! )… Résultat ? Une surcharge d’informations qui fatigue les publics, réduit l’impact des messages et gaspille des ressources réelles : humaines, énergétiques et graphiques.
Changer de cap vers un avenir plus serein
Ce modèle pollue sans même en avoir conscience. L’enjeu n’est plus de produire davantage, mais de désencombrer nos communications : retirer ce qui alourdit, détourne ou parasite, pour ne garder que l’essentiel.
Un système identitaire clair et sobre est une ligne de conduite, un cadre décisionnel, un levier puissant pour communiquer moins, mais mieux.
L’écobranding : et si tout le monde y gagnait ?
Les intérêts pour l’entreprise
Une identité épurée et pensée dans une logique d’écobranding apporte des bénéfices concrets :
- Gain de temps : moins d’arbitrages, moins de déclinaisons inutiles.
- Réduction des coûts : production graphique, impression, mises à jour allégées.
- Déploiement plus fluide : une identité stable qui s’adapte mieux aux supports, dans la durée.
- Cohérence renforcée : le discours devient plus lisible, plus crédible, plus mémorisable.
Cette bascule du paraître vers le faire est devenue un marqueur fort de confiance et un facteur réel de fidélisation.
Les avantages pour tes clients
Pour les utilisateurs, elle rend la marque plus mémorable, accessible et crédible.
L’écobranding, c’est examiner le projet dans son entier cycle de vie.
Cette approche privilégie la cohérence éditoriale, la sobriété fonctionnelle et graphique, et des supports dont les matériaux, la production et la diffusion sont optimisés.
Le résultat : une communication plus sincère, plus compréhensible, qui renforce la relation de confiance.
Les avantages pour les utilisateurs, les clients et les publics
L’écobranding rend la marque :
- plus transparente,
- plus compréhensible,
- plus accessible,
- plus mémorable,
- plus crédible.
C’est une approche qui considère le projet sur l’ensemble de son cycle de vie : conception, production, diffusion, usage, évolution. Elle privilégie la cohérence et la sobriété éditoriale, fonctionnelle, graphique, matérielle…
Le résultat : une communication plus sincère, plus lisible, qui renforce durablement la relation de confiance.
Pour la société et l’environnement
L’écobranding permet une réduction concrète de l’impact environnemental :
- Moindre empreinte écologique : volumes d’impression ajustés, formats optimisés, matériaux mieux choisis.
- Moins de déchets et pollution numérique : éviter la sur-production et les supports jetables, fichiers plus légers, moins de stockage, moins d’énergie consommée.
- Responsabilisation de l’écosystème : partenaires, prestataires et clients sont entraînés dans une logique de communication plus sobre.
C’est une démarche d’exemplarité : montrer qu’une autre façon de communiquer est possible, et embarquer tout un réseau dans une dynamique cohérente et concrète.
Risques et pièges à éviter
L’écobranding est souvent réduit à une liste de bonnes pratiques graphiques. C’est une erreur. C’est une démarche globale qui remet en perspective toute la chaîne de valeur de la marque et les cycle de vie de ce qui est produit. Elle exige de parler juste, au bon endroit, avec le moins d’empreinte possible et la plus grande clarté.
Les principaux écueils :
- Le greenwashing : une esthétique verte ou un vocabulaire écologique sans transformation opérationnelle.
- Les faux bons gadgets : logos ajourés illisibles, palettes trop pâles, contrastes insuffisants, supports “écoresponsables” mais inadaptés à l’usage.
- Le mythe du numérique neutre déporter l’impact ne le supprime pas. Poids des médias, scripts, fréquence de diffusion et durabilité des contenus peuvent compter bien plus que les supports imprimés.
Pour conclure, l’écobranding n’est pas une simple tendance graphique, mais une véritable démarche stratégique. Une discipline de choix, de renoncements et de cohérence. Où chaque choix de forme, de couleur et de message est questionné afin de communiquer avec clarté, sincérité et durabilité. Bonus à la clef et pas des moindres, l’écobranding limite l’empreinte écologique des actions de communication. Plus qu’un style, c’est une philosophie qui recentre l’identité de marque sur l’essentiel, pour un bénéfice autant pour l’entreprise que pour ses publics et l’environnement.